Frappe aérienne à Bounti : 3 jours, enfin des versions officielles !

 

Quatre jours après la polémique frappe aérienne contre une position de groupes armés terroristes à Bounti par les forces armées françaises, les commentaires, les condamnations, les suspicions d’une éventuelle bavure ont vite fait le tour de l’infosphère. L’absence de réaction officielle a contribué à alimenter les rumeurs.  La France et l’armée malienne s’expriment ce jeudi 7 janvier dans deux communiqués distincts.

D’abord notons que l’état-major français a été le premier à informer de cette opération dans la zone de Douentza, le lundi 4 janvier 2021, en défendant la précision et la justesse de son opération menée. Cette communication a été suivie d’un lever de bouclier d’associations de défense à visée communautaire qui ont accusé l’armée française de tronquer la vérité car l’opération aurait tué plus d’une dizaine de civils, réunis lors d’un mariage. L’armée malienne et le gouvernement malien a gardé le silence pendant 3 jours avant de s’exprimer ce jeudi 7 janvier 2021 en corroborant la version française. « L’environnement observé n’a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes » a communiqué le ministère de la défense malienne pendant que, les populations sont formelles : les tirs sous lesquels plus d’une dizaine de personnes a trouvé la mort, « étaient des civils qui célébraient un mariage » rapportent plusieurs témoins.

Un quiproquo à trois dimensions s’installe derrière l’attaque de Bounti Dimanche dernier. A en croire le ministère malien de la défense, les frappes ont été effectuées par un mirage 2000, et ont neutralisé « une trentaine de GAT (Groupes armés terroristes) selon les images de la mission d’observation de surveillance ». Le même ministère, dans sa version des faits, rapporte que les scènes observées n’ont coïncidé à aucun regroupement de mariage. Une thèse qui contredit formellement la version des témoins autochtones du village. Mieux, RFI indique avoir joint le porte-parole des FaMa, qui révèle que le récit d’une frappe contre les civils est une ‘’propagande’’

L’Association Tabital Pulaku, précise et maintient que l’attaque a visé des civils qui célébraient un mariage. Elle a fait au moins 20 morts, et plusieurs autres blessés graves, dont certains évacués à Douentza. Dans un récapitulatif non exhaustif, l’association peule note également 7 personnes portées disparues.

« J’ai brusquement entendu un bruit… Je me suis levé pour courir et j’ai vu que j’étais blessé, je n’arrivais pas à courir. C’était lors d’un mariage d’une personne qui habite au milieu des champs, il nous a amené sous des arbres dans le champ. On faisait du thé dans l’après-midi quand l’attaque a eu lieu. C’est à bord d’un tracteur qu’on a quitté Bounti pour Kikara. Un véhicule des médecins nous a conduits à Douentza. On a quitté Douentza, arrivé à Bandiagara, on est tombé sur des chasseurs dozos qui nous ont frappés encore », relate un des blessés.

Bien que Médecins Sans Frontière (MSF) indique avoir pris en charge huit blessés graves suite à des bombardements sur les villages de Bounti et Kikara, l’état-major français réaffirme dans un communiqué plus détaillé, ce jeudi, que cette attaque a visé des djihadistes préalablement repérés après une opération de renseignement de plusieurs jours. Ce texte précise que la force Barkhane n’a utilisé aucun hélicoptère.

De son côté, le M5-RFP s’est étonné d’une réaction tardive du Gouvernement. La CNDH exige des enquêtes crédibles, indépendantes, impartiales et diligentes en vue d’identifier les auteurs et complices des violations et abus dénoncés. L’organisation de défense des droits de l’homme appelle à rendre publics les résultats desdites investigations.

Andiè A. DARA

 

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