Plainte contre le DG de la Sécurité d’État

 

Arrêté par deux éléments de Sécurité d’Etat, le lundi 21 décembre 2020 dans les locaux du Groupe Renouveau à Missabougou, le porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR), Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, non moins célèbre chroniqueur, est déféré depuis le 31 décembre à la prison centrale de Bamako tout comme ses coaccusés.
Pour sa part, il est reproché au porte-parole du CDR une tentative de déstabilisation du pays, à travers ses émissions radiophoniques. En effet, pour défendre son statut de chroniqueur, les faîtières de la presse ont dénoncé avec ardeur l’entrave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.
Quant aux membres du CDR, ils ont manifesté leur indignation à la faveur d’un point de presse animé à la maison de la presse le mercredi 6 janvier 2021.
Les différents intervenants durant la conférence de presse ont révélé que c’est l’Imam Mahmoud Dicko qui serait à la base de ce complot contre les personnalités ciblées. Ils ont souligné qu’avant son arrestation, Ras Bath avait entamé l’animation d’une série d’émissions sur l’imam.
Aux dires de ces derniers, le porte-parole est plus requinqué que jamais, et que cette arrestation va lui conférer plus d’énergie et de courage pour continuer son combat :« Tout ce qu’il a dit depuis le début de cette transition est une vérité absolue. Les militaires ne sont pas là pour sortir le pays de la crise mais plutôt pour aggraver la situation », estime Samba Bally qui précise que le combat de Ras Bath continuera malgré son absence.
Passage par la case coiffeur
Selon le Secrétaire administratif du CDR, Boubacar Yalcouye, les éléments du service de renseignement de la sécurité d’État ont rasé la tête de Ras Bath. « Ils savent que ses cheveux lui sont très chers et il faut des années pour avoir le rasta. Leur motif était de le démoraliser physiquement et mentalement. Mais ils se trompent, c’est cela même qui a donné plus d’énergie à Ras Bath », énonce-t-il.
Néanmoins, selon lui, le CDR va porter une plainte devant les juridictions nationales et internationales contre le DG de la Sécurité d’État pour ce fait. Il estime que cet acte est une atteinte à l’intégrité physique de leur porte-parole.
Toujours dans leur plan pour sa libération, ils ont envisagé une marche qui a finalement donné lieu à un sit-in devant le tribunal de la commune III le vendredi dernier dans la mesure où le gouverneur du District a refusé la demande d’autorisation du Collectif. Le Secrétaire administratif n’a pas manqué de souligner son attachement à la justice malienne pour diligenter l’affaire et la trancher dans la vérité.

Seydou K. KONE

 

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