Retard du paiement des salaires : une première sous la transition

 

Presque quatre mois de gestion, et déjà la transition « militaire » du pays semble connaître des difficultés économiques qui ont, sans doute, justifié le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires. Une première depuis très longtemps.

Jusqu’au 5 janvier, certaines banques n’ont pas pu virer les salaires des fonctionnaires domiciliés dans leur institution. D’aucuns l’explique par le retard pris au niveau des services des finances du gouvernement. La gouvernance IBK n’a pas connu ce type de couac en 7 ans de pouvoir. Certains de nos interlocuteurs se rappellent au bon souvenir d’un certain Igor Diarra, ministre des finances qui payait les salaires avant le 20 du mois.

Quant à savoir les raisons de ce retard constaté, qui a pénalisé certains chefs de famille durant cette période cruciale des fêtes, les spéculations vont bon train. De la raréfaction de la liquidité au niveau du trésor public au retard causé par la grève de l’UNTM, l’on ne sait où donner de la tête.

Un fait marquant de cette situation est que même les militaires, habituellement privilégis, ont été tout aussi frappés par ce retard de paiement des salaires. « Je crains pour mon pays car il y a une crise qui se pointe à l’horizon. Les autorités de transition doivent être à la hauteur pour conquérir la confiance des maliens au lieu de quelques dinosaures religieux et politiciens. On ne doit pas gérer le pays sans l’accompagnement du peuple cela à travers une bonne communication », dénonce Bemba Camara, un jeune fonctionnaire. Pour un banquier de faire savoir que généralement, les militaires sont payés avant la troisième semaine du mois. Mais ils sont contraints de patienter.

Par ailleurs, selon une source proche du ministère de l’Economie et des finances, ce retard du paiement des salaires des fonctionnaires pourrait s’expliquer soit par les dysfonctionnements intervenus dans le système administratif malien en raison des tensions sociales qui ont paralysé le pays pendant plus de deux mois, ou par la retenue des flux financiers au niveau de la BECEAO, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, à travers l’embargo de la CEDEAO.

Seydou K. KONE

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