Cabinet des anciens Présidents : un droit discutable !

Cabinet des anciens Présidents : un droit discutable !

 

Cinq mois après le coup d’Etat militaire, l’ancien Président Ibrahim Boubacar Kéita dispose de son cabinet composé d’un directeur de cabinet, de trois chargés de mission et d’un secrétaire particulier. Si cette structure permet aux anciens présidents de rester en activité après le mandat présidentiel, bon nombre d’observateurs s’interrogent sur son rôle véritable surtout pour ceux-là qui ont quitté le pouvoir après un coup de force.

De Modibo KEITA à Ibrahim Boubacar KEITA, le Mali a connu six présidents. Après Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, IBK est le troisième président de la République démocratiquement élu avant d’être renversé par des militaires à deux ans de la fin de son second mandat. Le bien-fondé des nombreux cabinets mis en place par Décret suscite des débats au sein d’une partie de la population. En plus de charges habituelles que prend l’État, il faut ajouter ceux des membres de leurs familles et des membres desdits cabinets estiment certains maliens.

« Je trouve que ces cabinets d’anciens présidents de la République sont inutiles. Ces derniers ne paient ni l’électricité ni l’eau et leur santé est assuré par l’État. En tout cas, pour moi c’est du gaspillage de nos maigres ressources. Chose qui doit cesser. Ces gens ne se soucient pas du bien-être des populations mais plutôt pour le leur et ceux de leurs familles », affirme Daouda Koné.

Selon Alou Traoré, les anciens présidents de la République n’ont pas besoin de gaspiller les fonds de l’Etat pour des activités qu’on ne voit jamais : « Sinon on n’a pas vu d’actions concrètes de la part de ces anciens présidents. Les autorités maliennes en fonction essaient toujours de prendre des lois et des décisions à leurs faveurs ».

Cependant, Abdoulaye Keita, indique que les anciens présidents doivent être utiles pour le pays comme ce fut le cas de Moussa Traoré et ATT. Pour lui, ceux qui sont en vie doivent partager leurs expertises à travers la rédaction des mémoires par exemple.

Au-delà des cabinets et les autres avantages inhérents, les anciens présidents ont droit à une maison bien bâtie et sécurisée. En tout cas, ces cabinets sont des charges pour l’État et ils doivent avoir des objectifs assignés au profit de la nation entière.

Signalons cependant une bizarrerie dans les textes. Le Professeur Dioncounda Traoré bénéficie des avantages d’anciens présidents alors qu’il n’a géré qu’une transition. La loi est silencieuse sur ce cas, il faudrait sans doute que lors de la révision constitutionnelle, une réflexion soit portée sur ce sujet.

Seydou K. KONE

 

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