L’industrie manufacturière africaine : levier de croissance économique post COVID

L’industrie manufacturière africaine : levier de croissance économique post COVID

 

Considérée comme un facteur de croissance économique du Continent africain, l’industrie manufacturière offre un potentiel de développement post COVID à l’Afrique. Elle pourrait atteindre 666,4 milliards de dollars d’ici 2030, selon les experts.
Face aux chocs économiques dus à la crise sanitaire du coronavirus, l’industrie manufacturière peut permettre aux pays africains de renforcer leur résilience. Les exportations, en Afrique des produits manufacturés ont doublé entre 2005 et 2014 pour passer à plus de 100 milliards de dollars. Les destinations les plus importantes sont aujourd’hui les pays d’Asie.
Par ailleurs, les pays africains exportent de plus en plus de produits manufacturés entre eux, la part totale de ces échanges étant passée de 20% en 2005 à 34% en 2014. Tandis que le ralentissement de l’économie mondiale se traduisait par une baisse de 30% en valeur des exportations africaines de produits non manufacturés vers l’Union européenne, les États-Unis, le Japon et la Chine en 2015.
Un autre atout essentiel de la transformation économique de l’Afrique est la dynamique de la transition démographique en cours. L’Afrique est le Continent le plus jeune du monde. 70% de sa population a moins de 30 ans. Sa population en âge de travailler représente aujourd’hui 54% du total de la population du Continent, et ce chiffre passera à 62% en 2050.
Toutefois, pour relever le défi du chômage, il faudrait créer 10 millions de nouveaux emplois formels chaque année afin d’absorber les jeunes qui arrivent massivement sur le marché du travail. Les experts estiment que le Continent a une réelle opportunité de créer des emplois et de promouvoir une transformation économique inclusive en développant le secteur de la transformation intérieure et une industrialisation fondée sur les services
« La production de biens manufacturés, qui représentait 73 milliards de dollars en 2005, est passée à 98 milliards en 2013 du fait d’une forte croissance dans certaines régions de l’Afrique, de mesures prises dans certains pays (conjuguées à des améliorations institutionnelles) et de l’augmentation des salaires en Chine », indique la Revue annuelle de l’efficacité du développement 2016
Toujours selon la même source, « depuis dix ans, l’industrie manufacturière africaine connaît une croissance de 3,5% par an en termes réels, c’est-à-dire plus que le chiffre mondial de la production manufacturière. Le secteur de l’alimentation et de la boisson a connu une croissance supérieure à la moyenne, en partie grâce à l’augmentation de la demande intérieure ».
En 2015, l’Afrique avait la plus faible contribution à la Valeur ajoutée manufacturière (VAM) mondiale, soit moins de 2%. La conversion des avantages comparatifs en ceux concurrentiels au niveau du secteur manufacturiers permettrait au continent africain de libérer son potentiel pour une croissance forte, résiliente et durable.
Le développement de l’industrie manufacturière correspond à une importante transformation structurelle. Pour être compétitifs aux niveaux des entreprises et sur le marché mondial, il est nécessaire de développer une politique industrielle qui aide les pays africains à tirer parti de leurs avantages comparatifs. La stabilité macro-économique et des taux de change compétitifs en termes réels sont des conditions préalables indispensables pour obtenir de meilleurs résultats industriels, mais ne sont pas en soi des conditions suffisantes.
Selon John Thoburn, dans son document intitulé ‘’A la recherche d’une voie pour l’industrie africaine – enjeux et options stratégiques’’, les pays africains doivent en même temps éviter une diminution supplémentaire de la part des marchés mondiaux qu’ils détiennent actuellement en ce qui concerne les produits de base. Ils doivent aussi se défendre contre la dégradation de leur industrie manufacturière nationale au fur et à mesure qu’ils suppriment leurs barrières commerciales et s’intègrent dans l’économie mondiale.

Andiè A. DARA

 

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