Réforme politique et institutionnelle : Vers des compromis dynamiques

Réforme politique et institutionnelle : Vers des compromis dynamiques

 

L’un des enjeux de la transition est la réforme politique et institutionnelle au Mali. Les concertations autours de ces réformes doivent aboutir à des compromis dynamiques de la classe politique malienne. C’est ce qui a motivé la rencontre du Premier ministre Moctar Ouane et la classe politique le mercredi 10 février 2021 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB).
Pour gagner le pari du chantier des réformes
Pour le Chef du Gouvernement, ce cadre d’échanges est plus que nécessaire pour un type de malien plus adapté aux aspirations de chaque fils et filles du pays.
« Aujourd’hui, nous faisons honneur à la démocratie, celle qui se nourrit de dialogue et se fortifie dans la concertation. Aujourd’hui, nous célébrons la République, celle qui rime avec exclusivité et convergence. Aujourd’hui, par cette rencontre, nous réaffirmons notre engagement collectif à relever les défis qui assaillent le Mali, notre navire commun, héritage légué par nos illustres devanciers », a-t-il déclaré.
Ainsi, a-t-il salué le geste républicain de ses invités qui épousent les valeurs maliennes d’être, de savoir-être et de savoir-faire. Le Premier Ministre, Moctar Ouane, estime que pour la symbolique de l’orthodoxie culturelle du Mali, faite de respect et de grandeur, la participation des politiques à la rencontre est la manifestation de la claire conscience que le pays a besoin de tous ses enfants pour répondre aux attentes légitimes de son peuple.
Si le rôle de la classe politique est de promouvoir la jeune démocratie du pays, il est central en ce qui concerne les réformes politiques et institutionnelles qui demeurent le grand pari de la transition.
Ces réformes, pour le diplomate, ne sont pas le fait d’un effet de mode, mais une nécessité en raison de l’obsolescence dans nos pratiques de tous les jours, dans le service rendu aux usagers ainsi que dans l’inadéquation entre les actes et les espérances des concitoyens.
Cependant, le PM estime qu’il n’est point besoin d’être grand clerc pour constater les limites objectives des textes qui nous gouvernent ainsi que les menaces qui pèsent sur les vertus qui guidaient les relations sociales qui poussaient à l’admiration et au respect, au-delà des mers et des océans. Alors s’interroge-t-il : « Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que nous en soyons là ? Que faire aujourd’hui pour que tout aille mieux ? Que faut-il surtout faire pour que les générations montantes soient, comme nous le fûmes, fières de l’héritage et puissent mettre en accord le souhaitable et le possible ».
En outre, il a souligné que de plus en plus, l’horizon se dégage. La Transition a achevé son architecture institutionnelle avec l’installation du Conseil national de la Transition (CNT), devant lequel, il annonce la présentation du Plan d’action du Gouvernement de la Transition (PAGT), le 19 février 2021, le conformément aux dispositions pertinentes de la Charte de la Transition : « Notre ambition est d’accélérer la cadence pour nous hisser à la hauteur des espérances de notre peuple au niveau sécuritaire, sanitaire, politique, économique et social », assure-t-il.
Une transition réussie signifie un climat politique apaisé, un environnement social serein, une économie qui se développe et un pays qui gagne, a-t-il fait savoir. Pour lui, les défis qui attendent les Maliens sont à leur portée s’ils restent unis et font preuve de dépassement. « Rien de grand et de durable ne peut se réaliser sans esprit de sacrifice. C’est à cela que je vous invite, que je nous invite nous tous », interpelle-t-il.
Par ailleurs, nombreux reconnaissent la nécessité d’une telle rencontre car le pays se trouve dans l’impasse et il faut l’accompagnement de tous afin que la transition soit une réussite pour l’ensemble du peuple Malien.
« J’espère que les autorités de la transition vont gagner le pari de rassemblement du peuple malien avant de procéder à d’autres projets. Tout le monde sait qu’aujourd’hui il serait impossible de tenir et réussir les réformes institutionnelles et politiques sans la classe politique », soutient Oumar Traoré, militant d’un parti politique.
Cheick Coulibaly quant à lui, ajoute que « la transition ne pourra pas atteindre ses objectifs sans l’accompagnement de la majorité de la population. Pourtant cette transition n’a pas ce soutien car les autorités qui la dirigent semblent être pilotées par quelques individus. J’espère qu’elles devraient prendre conscience que leur stratégie ne plait pas à la majorité du peuple malien ».

Seydou Karamoko KONE

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