L’AEEM : Un danger pour l’avenir de l’école

L’AEEM : Un danger pour l’avenir de l’école

 

Au Mali, les violences en milieu scolaire et universitaire sont un mal qui ronge et hypothèque l’avenir de l’école malienne. Déboussolée de son objectif initial, depuis fort longtemps, le nom du syndicat des élèves et étudiants du Mali rime avec violence. Un danger pour l’avenir de l’école malienne.

Une image qui n’a rien à avoir avec le passé de l’école malienne, alors citée parmi les plus soignées de la sous-région. De nos jours, cette aura de l’école malienne a perdu de sa superbe. Redonner à l’école malienne, le lustre d’antan qui l’a caractérisée, est un défi que doit porter la transition. Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr Amadou Keita, soucieux d’une école de mérite et d’un enseignement de qualité, ne mesure pas moins l’enjeu.

Car, le tableau, s’il faut exposer l’AEEM de nos jours, est peu reluisant : Armes dans les universités, machettes logées dans les campus, élections de bureaux dans la violence et le sang, agression des étudiants, injures graves pour les professeurs les plus chanceux, agressions au pire des cas. Cette situation s’est nourrie, au fil du temps, par la passivité des autorités scolaires et universitaires, et des parents d’élèves eux-mêmes. Toutefois, de plus en plus, l’on est unanime sut la nécessité voire l’urgence de mettre fin à ce « cauchemar » pour la survie de l’école malienne.

C’est dans cette optique que, sous la directive du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, des actions sont menées de fil en aiguille afin de briser l’élan et la chaîne de violence qui frisent l’avenir de l’école malienne. Ainsi, une étude sur la question a été diligentée par le comité ad hoc de gestion de la violence dans l’Espace Scolaire et Universitaire (CGVSU). Sous la gouverne du ministère de tutelle, ce comité a mené un diagnostic sans complaisance de l’état des lieux, et formulé des pistes pour « assainir » le milieu scolaire et universitaire du Mali. Cela est de bons alois puisque, aux dires de Idrissa Soïba Traoré, recteur de l’université des Lettres et des Sciences Sociales de Bamako, « là où il y a la violence, il n’y a pas d’école et là où il y a l’école il n’y a pas de violence ».

Cependant, entre 2015 et 2019, l’étude du comité mis en place pour la gestion de la violence dans le milieu scolaire et universitaire, a recueilli, au moins : « 350 cas de coups et blessures portés à des étudiants dans l’espace universitaire, dont 280 recensés sur le seul campus de Badalabougou ». Pire, de 2017 à 2020, « on a également dénombré 7 étudiants morts sur ce même campus » note le rapport d’étude du comité, composé de femmes parents d’élèves et d’étudiants, qui s’indignent du fait que ces violences « meurtrières ont été commises par des étudiants contre leurs camarades, le plus souvent lors des renouvellements de leurs bureaux ». Paradoxe !

Plus loin, l’étude révèle que les bureaux de l’AEEM défendent plutôt des intérêts personnels à travers des (passages) et non des admissions en classe supérieure, et mieux défendent leurs intérêts pécuniaires plutôt que les intérêts des étudiants.

Ousmane Tangara

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *