MONNAIE ECO : La difficile indépendance monétaire

MONNAIE ECO : La difficile indépendance monétaire

 

De report en report, l’intégration de la monnaie unique dans l’espace CEDEAO demeure un défi pour atteindre l’indépendance monétaire tant clamée par les populations de l’organisation sous régionale. Elle se fait toujours désirer malgré la volonté des 15 pays membres de la CEDEAO d’accélérer le processus, une nouvelle feuille de route prévoit le lancement en 2027. C’était à l’issue du 59ème Sommet ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO tenu le 19 juin 2021 à Accra.

Pour la quatrième fois consécutive, la mise en œuvre du calendrier de l’instauration de l’ECO-CEDEAO est en souffrance. Si les dernières difficultés évoquées faisaient référence à la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus mais surtout à l’application des critères de convergences, qui sont des préalables pour pouvoir aller vers une zone monétaire unique, il est clair, selon les économistes qu’au moment où les économies ouest-africaines se préparent à affronter une année de récession, ou au mieux de croissance faible, lancer la monnaie unique aurait été bien trop compliqué et trop risqué. D’autant plus que les institutions financières, comme la Banque centrale fédérale, ne sont toujours pas en place et les États de la zone sont toujours incapables de respecter les critères de convergence nécessaires à la création de la monnaie unique.

« Nous avons une nouvelle feuille de route et un nouveau pacte de convergence qui couvrira la période entre 2022 et 2026, et 2027 sera l’année de lancement de l’Éco », a annoncé le président de la commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, à l’issue d’un sommet samedi au Ghana.

À cette date, les économies se seront suffisamment rapprochées pour permettre l’adoption de l’ECO tentent de rassurer les experts de l’organisation sous régionale. Alors que le Nigéria nourrit encore des doutes pour ses 10% d’inflation avec les pays de l’UEMOA où l’inflation est sous la barre des 2%. C’est dire qu’il faille encore trouver un équilibre entre les intérêts économiques divergents des pays producteurs de pétrole d’une part et ceux importateurs d’autre part. A ce rythme, il reviendra à l’économie en tant que telle de décider de l’avenir de la monnaie commune à la place des politiques dont les engagements restent confrontés à des défis géopolitiques.

Cette arlésienne de monnaie unique dans l’espace CEDEAO que les Etats membres envisagent depuis une trentaine d’années, prouverait-elle à suffisance que ces Etats ne sont pas encore prêts ? l’on tente de rassurer à chaque occasion sur les conditions propices à cette monnaie mais lorsqu’il s’agit de la mise en œuvre des recommandations sur le terrain, des réserves persistent. Les récents débats autour de la Zone Francs et de sa réforme, décidée avec la France mais également l’enthousiasme manifesté autour de la création de la Zone de Libre-échéance continentale depuis mai 2019 donnaient un espoir pour l’intégration de cette monnaie dans l’espace.

Rappelons que le projet de loi entérinant la fin du franc CFA a été adopté en mai 2020, en Conseil des ministres par le gouvernement français. Et la réforme concerne 8 pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Andiè A Dara

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