Rupture dans la Gouvernance : Pourquoi Choguel ne devrait pas célébrer ses 100 premiers jours à la Primature

Rupture dans la Gouvernance : Pourquoi Choguel ne devrait pas célébrer ses 100 premiers jours à la Primature

 

Nommé le 7 juin 2021, Dr. Choguel Kokalla Maïga a endossé la difficile charge de Premier ministre d’un pays en crise depuis bientôt 100 jours. Le 15 septembre prochain, ce cap symbolique sera atteint, sans qu’il y ait eu des fortes pouvant préjuger de la bonne suite de la transition. Alors, sans résultats, faut-il célébrer les 100 jours ?

Le principe de la refondation veut que l’on réussisse à se déterminer par soi-même dans la matrix universelle qui nous entoure. Ceci implique d’échapper par tous les moyens au mimétisme béat, qui a caractérisé l’ADN de notre gouvernance. Autant, nous avons copié le système démocratique à l’occidental, autant nous restons à copier le moindre fait et geste des politiciens occidentaux.

Boubèye Maïga fut le premier à célébrer en grande pompte ses 100 premiers jours à la Primature. L’exercice, quoi que bancal, avait du sens parce que l’événement était l’occasion de donner de la vision au début de la campagne pour le second mandat d’IBK. Ce fut l’occasion de présenter des projets structurants qui devaient être l’ossature de la gouvernance du deuxième et dernier mandat d’IBK. En cela, il y avait de la démagogie politique, certes, mais aussi du bon sens, dans la mesure où le pouvoir se projetait sur cinq ans de gouvernance supplémentaire.

Dans le cas Choguel Maïga, il faut faire remarquer que sa présence au Premier ministère ne saurait dépasser le délai de la transition. Présent depuis trois mois, sur huit qui lui était imparti, il serait incongru de prétendre à célébrer cette présence éphémère et mettre à profit l’événement pour donner sa vision de la suite de la transition. Ce serait une présentation de PAG bis dont le malien lambda se passerait bien.

Et, dans le fond, que peut-être présenté aux maliens comme action emblématique de ces 100 jours ? Par sarcasme, certains citeront les visites de courtoisies et les missions de compréhension des problèmes des maliens à l’intérieur du pays, d’autres noteront les incohérences de langage sur la durée de la transition, la mise en œuvre de l’accord de Paix, la rupture attendue etc. Pour notre part, aucun signal fort n’a été donné pour conforter les nombreux maliens descendus dans la rue au nom du M5 pour exiger le changement. Le parachèvement et ensuite la rectification de la transition n’ont pas encore suffisamment convaincu pour tomber dans l’erreur de vouloir marquer d’une pierre blanche le vide sidéral des 100 jours.

Quant à l’intérêt d’une telle volonté, si tant est qu’elle existe, il faudra regarder du côté de la guerre de leadership entre le Premier ministre et le Président de la transition. En célébrant les 100 jours, le Premier ministre ne serait-il pas tenté de faire de l’ombre au Président de la Transition, qui sera dans le même exercice bilan le 22 septembre 2021, 7 jours après les cent jours, jour de la célébration de l’indépendance du Mali.

Yacouba KEBE

 

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