Enseignement : Une profession à revoir

Enseignement : Une profession à revoir

L’éducation est indubitablement l’un des soubassements pour le développement d’un pays. Si autrefois, grâce à la qualité de leur formation, les élèves et étudiants formés au Mali faisaient la fierté partout ils se présentaient, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Est-ce les enseignants n’ont plus le niveau ? Est-ce la qualité de l’enseignement qui a baissé. Tout compte fait, l’enseignement au Mali doit être revu pour redorer le blason de cette profession, qui est un sacerdoce.

La profession de l’enseignement n’est pas faite pour tout le monde. Être pédagogue est un don, un art et sacerdoce. Auparavant on pratiquait ce métier par l’engouement et pour l’amour et non pour le souci de s’enrichir. Ce qu’on constat aujourd’hui, la profession de l’enseignement est devenue pour beaucoup un métier que l’on exerce par manque d’emplois.

Cheick Keita, un ancien directeur de l’école fondamentale à la retraite, nous a confié qu’à leur temps, être enseignant est un honneur.

« Les enseignants avaient tous les honneurs du village, de la ville et partout où ils se trouvent pour exercer son métier. Ce métier, on le pratiquait par l’amour et le reste était moindre chose qu’on ne le mettait pas la considération », a-t-il expliqué.

Selon ce vieil octogénaire, l’ancien président de la République Modibo Keita a su valoriser la profession de l’enseignement et ceux qui en pratiquaient, le faisaient avec engouement et amour de la patrie. C’est pour cette raison, la qualité de l’éducation du Mali était très considérable parmi les pays africains. Les Maliens étaient considérés partout où ils se trouvaient dans le monde.

Notre interlocuteur recommande aux plus hautes autorités de mettre l’éducation dans leur cœur, et en faire leurs vraies préoccupations, condition sine qua non pour sortir le pays de l’obscurité.

« Le développement et l’émergence d’un pays passent forcément par la qualité de son éducation en formant les ressources humaines de qualité qui peuvent faire face aux défis réels du pays », souligne Bréhima Traoré, un jeune enseignant.

Pour lui, le secteur de l’éducation n’est pas considéré par les autorités compétentes. Plus grave, elles s’en fichent de l’école malienne, parce qu’ils ont les moyens d’envoyer leurs rejetons à l’extérieur.

« Le niveau d’étude du Mali n’est pas du tout appréciable, et chaque jour, la situation s’aggrave, donc il est temps qu’il ait un sursaut national pour l’éducation », préconise Issiaka Ouattara, un chef de famille.

Pour lui, l’état actuel de l’éducation est lamentable et les enseignants d’aujourd’hui n’ont pas de niveau. Ces derniers n’ont pas reçu une formation de qualité, et beaucoup parmi eux sont les régalés du DEF et du BAC. « Comment voulez-vous qu’ils soient à l’hauteur de souhait », s’interroge-t-il.

A son avis, seuls le recyclage des enseignants, et des programmes d’enseignement de qualité peuvent servir le pays dans les jours à venir.

Ces recommandations corroborées par ce jeune étudiant qui nous a raconté son regret de ne pas avoir fait un bon lycée surtout l’Anglais. « Notre professeur d’Anglais nous disait publiquement qu’il n’aime pas le métier d’enseignement et qu’il est là seulement pour tuer le temps avant qu’il trouve d’autre job. Si tu n’as pas la passion d’un métier, alors comment tu peux le faire convenablement ? C’est à cause de lui que je n’ai pas eu une bonne formation en Anglais, une langue que j’aimais énormément », a-t-il raconté.

De toutes les façons, l’enseignement ne doit pas être un secteur à négliger si on veut que le pays s’en sorte dans le futur. Ne dit-on pas que l’éducation n’a pas le prix, alors les autorités pensez à l’avenir de ce pays.

Seydou K. KONE 

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