Erection du HCUA en parti politique : la réaction de la Cour constitutionnelle attendue

Erection du HCUA en parti politique : la réaction de la Cour constitutionnelle attendue

Le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), l’un des groupes armés signataires de l’Accord pour la paix, a tenu, le samedi 26 octobre 2019, à Kidal où il règne en maître absolu, son premier Congrès.

A l’ouverture, le président du HCUA, Algabass Ag Intallah, a publiquement fait part de son souhait de voir les groupes armés du Nord du Mali, notamment la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) s’ériger en parti politique.

« Nous lançons ici un appel à la CMA et à tous les autres mouvements partageant les mêmes idéaux, pour se fusionner en un seul mouvement politique capable de prendre en charge les préoccupations des populations de l’Azawad, cela dans le cadre de la construction nationale », a déclaré Algabass  Ag Intalla.

De cette déclaration, tout porte à croire que la CMA et ses voisins affutent de nouveau leurs « armes » pour renforcer leurs positions. Sinon, pour participer à la construction nationale, faut-il inexorablement fonder un parti politique, à plus forte raison régionaliste ?

En tous cas, la Cour constitutionnelle, dans sa mission régalienne de garante de la constitutionnalité des lois et de veille sur le bon fonctionnement des institutions, a un plat qui lui est servi depuis Kidal. Les 9 Sages doivent rappeler les responsables du HCUA à l’ordre, comme ils ont jugé par eux-mêmes nécessaire de le faire, à l’occasion du lancement de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de soutien à l’imam Mahmoud Dicko, un mouvement qui a été jugé (politico-religieux).

En effet, la Cour constitutionnelle avait fait des mises en garde en rappelant notamment l’article 28 de la Constitution qui stipule la liberté de formation et d’exercice des partis politiques, tout en y mettant des garde-fous : « Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire, de l’unité nationale et de la laïcité de l’Etat ».

Mieux, la Cour constitutionnelle, pour soutenir son communiqué du 6 septembre 2019, a rappelé l’article 45 de la loi portant Charte des partis politiques au Mali qui dispose : « Aucun parti ne peut se constituer et s’organiser sur une base ethnique, religieuse, linguistique, régionaliste… ».
Mais la Cour constitutionnelle du Mali suffit-elle pour donner des ordres aux «enfants gâtés de la République» qui se permettent de défier sans cesse l’Etat malien à Kidal ?

Ousmane Tangara

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