Mariages arrangés : source de divorce, de suicide ou d’assassinat

Mariages arrangés : source de divorce, de suicide ou d’assassinat

Les violences basées sur le genre et les violences conjugales sont déjà monnaies courantes à Bamako et environs. Ils sont nombreux les cas de décès enregistrés sur le plan national et international. Mais de plus en plus, l’on se demande quelles peuvent être les raisons qui peuvent justifier de telles barbaries et pourquoi perdurent-elles autant dans notre société ?

 Elles sont nombreuses maintenant les personnes à apostropher. Selon certains, cette société qui se dit patriarcale (réfractrice au divorce) serait la seule complice et coupable d’autant de violences conjugales, voire la mort.

 En effet du 20 au 26 décembre 2019, la mort des jeunes filles (Timbé Kassongué et Lavielle) a été la goutte d’eau qui à déborder le vase. La première a été poignardée de plusieurs fois de couteaux, puis égorgée par celui à qui ses parents voulaient la donner en mariage, mais qu’elle avait refusé à plusieurs reprises, apprend-on de sources locales.

La seconde a également été poignardée par son mari qu’elle a fui à plusieurs reprises, mais remmenée par les parents.

Le Mali est un pays aux multiples coutumes, traditions, cultures, où les liens familiaux et le respect des pactes dits sacrés sont encore vivaces. En effet, les parents interviennent pratiquement dans tous les grands évènements de leurs enfants (fiançailles, mariage, baptême, etc.).

De facto, c’est à eux que revient le choix de l’époux ou de l’épouse de leurs progénitures. Ainsi, ils sont nombreux ses jeunes (garçons et filles) qui sont dans des mariages arrangés, faits sans amour, encore moins respect des conjoints. Toutes choses qui font qu’ils se terminent le plus souvent par le divorce, le suicide ou l’assassinat.

Par exemple, quand survient un problème entre époux, l’avis et les conseils des parents sont toujours pris en compte. Cependant, certains de leurs décisions forcent leurs enfants à rester dans des relations toxiques pour préserver les liens familiaux.

La femme malienne (soumise et docile) c’est à elle qu’on demande toujours de pardonner, même si elle est la victime.

« Même si on t’insulte ou te frappe, respectes ton mari et restes dans ce mariage quoi qu’il advienne », apprend-on à la femme malienne le jour où elle regagne son foyer conjugal.

Selon la tradition, cette soumission de la femme est la condition si qua non pour avoir des enfants bénis.

Par ailleurs, dès fois, mariées à un cousin ou un proche de la famille, nombreuses sont ces femmes qui voient leur vie se transformer en cauchemar, car faite de violences quotidiennes : agressions verbales, maltraitances physiques et morales et négligence, abandon, coups et blessures, assassinat, etc.

Malgré tout, à chaque fois qu’elles se plaignent, on leur demande de pardonner et rester dans les liens du mariage.

« Le cas des deux jeunes filles assassinées par leur mari et fiancé est largement illustratif. Tuées après moult tentatives de fuir un mari qu’elle n’aimait pas, elles sont ramenées dans le foyer de leur futur meurtrier par leurs propres parents. C’est une triste réalité au Mali. Pour ne pas souiller l’honneur de la famille, ils sont nombreux ses parents à sacrifier le bonheur et la vie de leurs enfants en les forçant à rester dans une relation des plus précaires», dénonce cette militante des droit de l’homme.

Outre les femmes, les hommes également vivent un véritable calvaire dans ses types de mariages où la famille est totalement impliquée dans le choix de leur épouse.

En effet, des jeunes garçons sont forcés également à renoncer à leur véritable amour pour épouser une cousine lointaine, Ce mariage scellé ne sera pas en sa faveur. Ils voient son quotidien se transformer en torture mentale. Ces derniers n’ont d’autres échappatoires que de prendre une deuxième femme. Car le plus souvent, les parents sont réfracteurs au divorce, qui aura des conséquences entre les deux familles.

A défaut, ils rendent la vie dure à leur partenaire : entre infidélité, manque de respect et maltraitance. Et pourtant les parents doivent savoir que le Dieu qui a crée le mariage a également autorisé le divorce.

Mieux, le bonheur de son enfant doit primer sur tout. Un mariage raté ne vaut-il pas mieux qu’accueillir son enfant dans un cercueil ?

En tout cas, ils sont nombreux les jeunes (garçons et filles) qui dans la torpeur d’un mariage arrangé, fait le plus souvent de violences physiques et morales, cherchent une petite lueur.

 Assitan Siga FADIGA

 

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