Pénurie du gaz butane : Les spéculateurs entrent dans la danse

Pénurie du gaz butane : Les spéculateurs entrent dans la danse

Le non paiement de la subvention par l’Etat malien a provoqué une pénurie dans la distribution du gaz butane chez les importateurs gaziers. Une situation que profitent les spéculateurs pour augmenter les prix de recharge du gaz butane. En effet, si avant la pénurie, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 3500 FCFA, présentement, elle est rechargée à 4 000 FCFA, voire plus auprès des spéculateurs à Bamako.

 Au fait, grâce à la subvention accordée par l’Etat malien aux importateurs gaziers qui date depuis 1998, le gaz butane est relativement abordable pour la plupart de nos compatriotes. Ainsi, le gouvernement a décidé de subventionner le gaz butane afin d’amener les Maliens à se détourner du bois et du charbon de bois dont la consommation constitue un danger pour notre environnement.

La subvention consiste à payer une partie du prix du gaz pour que les consommateurs puissent l’avoir à un coût abordable. Le gouvernement verse donc une manne financière aux importateurs. Mais d’année en année, le retard de paiement de la subvention menace le secteur.

Une situation a qui d’ailleurs poussé certaines multinationales (Total, Shell) à abandonner la distribution du gaz butane. Par conséquent, actuellement, le gaz est presque introuvable sur certains marchés. Car la majeure partie des sociétés gazières (Sodigaz, Bama Gaz, Faso Gaz, et autres) n’en produisent plus.

Un triste constat fait depuis plus d’une dizaine de jours dans plusieurs points de recharge du gaz butane à travers la ville de Bamako et environ.

Comme dit un adage bambara «ni doka ba ma sa doka nan tè diya» (le malheur des uns fait le bonheur des autres). Alors une occasion profitable aux spéculateurs qui font sortir leurs stocks qu’ils revendent à prix d’or. La preuve, la bonbonne de 6 kilos est vendue jusqu’à 5 000 FCFA par endroits à Bamako et environs.

Du côté des importateurs gaziers, on estime que la pénurie de gaz butane est simplement un problème économique.

« Nous n’avons pas les moyens financiers d’acheter, transporter et dédouaner notre matière », explique le DG de Sodigaz, Oudiari Diawara, à nos confrères de l’Essor.

Selon lui, le gouvernement n’a pas payé la subvention qu’il doit verser aux producteurs. Au fait, au sujet de cette subvention, contrairement à ce que pense beaucoup de personne, M Diawara précise qu’elle ne concerne que les bonbonnes de 3 et 6 kilos et est destinée aux consommateurs et non aux sociétés de gaz.

 

 Sékou CAMARA

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