COVID-19 : L’économie africaine déjà « infectée » ?

COVID-19 : L’économie africaine déjà « infectée » ?

Au-delà des millions de pertes en vie humaine, la pandémie du Covid-19 constitue l’une des plus graves crises économiques mondiales contemporaines, sur fond de restrictions des libertés individuelles et collectives. Certes, l’Afrique n’est pas aussi touchée que les autres continents, cependant, elle subit de plein fouet les conséquences de la pandémie.

La pandémie du Covid 19, en plus d’annihiler tous les acquis liés au développement du continent africain, déjà affaibli par la pauvreté, devrait faire baisser le revenu réel par habitant de 3,9% en moyenne.

Pendant ce temps, l’économie de la région subsaharienne devrait se contracter autour de 1,6% en 2020, ainsi qu’une révision à la baisse de 5,2 points de pourcentage par rapport aux prévisions d’octobre 2019, selon le FMI, dans un rapport publié le 4 avril dernier.

Aujourd’hui la tendance générale de l’épidémie sur le Continent ne cesse de s’accélérer. La preuve, durant ces 2 dernières semaines, les spécialistes enregistrent une augmentation de 24% de personnes contaminées. Les cas confirmés sont passés d’un peu plus de 3 000 à 4 000 cas dans la région subsaharienne. L’Afrique en général dénombre plus de 21 000 cas et plus de 1 000 décès, soit 5% des proportions de ceux qui décèdent de la maladie.

A cela il faut ajouter une vingtaine de pays qui se trouveraient dans ce qu’on appelle une transmission locale du virus dans la mesure où ils sont passés de cas sporadiques importés à la transmission locale ; et 4 pays ont une contamination communautaire soutenue. Malgré tout, 4 pays africains suscitent l’espoir et sont en attente de l’accord du Comité d’éthique pour les remèdes. Il s’agit de l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Kenya, et le Togo.

 Il est indéniable et de bon aloi de reconnaître que la pandémie du Covid-19 a des répercussions sur les économies. Il s’agit d’abord de la perturbation de la production et de la réduction nette de la demande, dues aux strictes mesures d’endiguement et d’atténuation mises en place par les autorités.

Ensuite, il s’agit de l’effondrement de la croissance économique mondiale. Ce qui est synonyme de resserrement des conditions financières dont les conséquences impactent négativement la région subsaharienne.

Enfin, les effets de cette situation vont brusquement faire baisser les cours de la production de base. Les pays qui ont une économie moins diversifiée et tributaire à la fois de l’importation et l’exportation ainsi que du tourisme seront les plus touchés.

Notre pays est dépendant de certaines exportations agricoles telles que le coton, l’or, le bétail et les fruits. Et cette crise sanitaire rime aussi avec l’impact de la chute des cours mondiaux des matières premières et de la réduction de la demande internationale qui est provoquée par la récession mondiale.

Selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), la croissance du Produit intérieur brut de l’Afrique pourrait passer de 3,2 à 1,8% en 2020. En novembre dernier, la CNUCED estimait que l’encours total de la dette extérieure des pays les moins avancés (PMA) a plus que doublé entre 2007 et 2017, passant de 146 à 313 milliards de dollars.

Quant à la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), elle prédit une baisse de recette d’exportation de plus de 100 milliards de dollars en 2020 pour l’Afrique.

Du coup, les inégalités sociales engendrées se répercuteront sur toutes les sociétés affectant les secteurs sensibles du développement notamment : l’éducation, la nutrition de base sans compter les droits de l’homme.

Concernant le Mali, le Rapport du FMI sur les Perspectives économiques régionales en Afrique Subsaharienne révèle que le Covid-19 est une menace sans précédent pour le développement et la croissance économique du pays ;

« La croissance économique réelle (PIB réel) de 2010 à 2016 a cru en moyenne de 4,1% au Mali. En 2017, le pays était à 5% et a atteint 5,2% et 5,1% respectivement en 2018 et 2019. Toutefois, la même source prévient un ralentissement de 1,5% courant 2020 pour grimper jusqu’à 4,1% en 2021 », a fait savoir ledit rapport.

En ce qui concerne les prix à la consommation, notre pays qui enregistrait en moyenne 1,8% en 2017, connaîtra une baisse de 0,6% en 2020 pour une légère hausse de 1,5% l’année prochaine.

Si le solde budgétaire global, y compris les dons, du Mali était en baisse de -4,8% du PIB, il y a deux ans, cette année c’est -5,8% du PIB pour une perspective de -3,3% du PIB en 2020.

Quant à la dette publique, elle enregistre 40,5% du PIB en 2019 ; 44,7% du PIB en 2020 pour une légère hausse de 45,3% du PIB en 2021.

Andiè Adama DARA

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