Le ramadan de Dembélé

Le ramadan de Dembélé

Les habitants de Faladiè ont eu un réveil hormonal ce lundi 4 mars dernier. En ce mois de ramadan, mois par excellence de pénitence et de contrition, les jeûneurs ont le sommeil léger. Du fait du ventre vide et du regard rivé sur l’horloge qui n’avance pas, le moindre bruit inhabituel suffit à mettre tout le quartier sur pied, comme ce fut le cas aux environs de 4h du matin ce jour-là…

« Hé Dembélé tu m’as tué, une prostituée bon marché en ce mois béni de ramadan ! Je suis foutue ! Je veux mourir ! 20 ans de mariage et c’est de cette manière que tu me remercies !? C’est donc dans les bras d’une salle chienne que tu trouves du plaisir !!? » Il ne fallait pas plus pour voir sortir des maisons, des curieux pour savoir et être témoin de visu de la scène qui se jouait ainsi dans la rue.

La foule a naturellement convergé vers le lieu d’où venait ce vacarme. Ce n’était que le bar-restaurant chinois qui est dans le quartier et qui est connu de tout le quartier. Une femme venait de surprendre son époux dans le lit d’une des prostituées des plus convoitées du bar. Madame Dembélé avait tiré dehors son époux en le tirant par le pied. Quand les badauds qui ont couru ont voulu secourir l’infortuné, Madame Dembélé ne s’est pas fait prier pour tout étaler de leur couple sur la place publique.

« Cet homme-là est mon mari, il m’a fait croire que son entreprise l’avait envoyé pour deux jours de mission à Koulikoro. Ce n’est que ce soir quand mon fils passait par hasard dans ce quartier qu’il a aperçu sa voiture garée devant cet hôtel. Il m’a informé, je n’ai pas cru. Je suis donc venue voir de mes propres yeux. Voilà sur quoi je tombe : mon mari dans les bras d’une prostituée… »

Madame Dembélé qui faisait deux fois la taille de son mari racontait tout ceci en le balançant dans tous les sens. Alors monsieur Dembélé, fatigué de se faire malmener par sa femme a sorti un mini couteau dans ses poches puis menaça sa femme de se suicider si elle ne se calmait pas. Contre toute attente, Madame Dembélé s’est mise à genoux et supplia son « mari » de ne pas mettre fin à ses jours : « tu pourras même épouser ladite prostituée si tu veux, mais s’il te plaît ne te suicides pas. »

Devant tous les curieux qui pensaient assister à un drame, monsieur et madame Dembélé sont rentrés chez eux main dans la main. Les témoins choqués de cette scène sont restés si perplexes qu’ils ont failli manquer l’heure du déjeuner de fajr. Certains d’entre eux ont même jeûné sans avoir mangé.

Soumba Diabaté (Stagiaire)

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