Afrique, vers une retraite « protégée » pour les chefs d’État

On se dirigerait vers une immunité des anciens chefs d’État africains. C’est du moins l‘information politique qui filtre de l’interview du président français Emmanuel Macron, accordée à Jeune Afrique.

« L’un des chantiers que l’UA doit régler, c’est de rassurer les dirigeants en leur expliquant ce qu’ils deviendront quand ils ne seront plus au pouvoir » a déclaré le chef d’État français. L’idée, pour Emmanuel Macron, c’est de rassurer les dirigeants. « Beaucoup de ceux qui s’attardent au pouvoir éprouvent au fond une espèce de peur panique à l’idée de ne plus pouvoir rester dans leur pays, de ne plus avoir de statut ou à l’idée qu’eux ou leur famille aient des ennuis judiciaires » a-t-il déclaré.

Une déclaration, à la limite loin de régler la situation en Afrique, qui est gangrenée par une oligarchie scotchée au pouvoir, dans la gabegie, l’impunité totale, qui doit s’émousser, afin que règne réellement sur le continent, une justice dissuasive. Emmanuel Macron précise : « Le point clé derrière tout cela, c’est le statut des anciens présidents ».

Derrière les déclarations du Président français, subsistent bien d’inquiétudes quant à la préservation de l’État de droit et de la justice en Afrique, qui se verra réduite au musèlement alors qu’elle est censée être une sentinelle. Exempter les anciens chefs d’État de poursuites, après leurs mandats, serait-il une victoire de la démocratie dans une république ?

Le président français n’a pourtant pas manqué de signaler de bons exemples, démocratiquement élus, et qui ont pacifiquement quitté le pouvoir. Le Ghanéen Nana Akufo Addo et l’Ethiopien Abiy Ahmed, sont de bels exemples selon Emmanuel Macron qui soutient : « il y a des habitudes qu’il faut changer. C’est pour ça qu’il faut des modèles ».

 

Ousmane Tangara

 

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