OPA SUR LE PARTI DE LA POIGNEE DES MAINS

OPA SUR LE PARTI DE LA POIGNEE DES MAINS

 

S’il y a un parti qui fait parler de lui dans le marigot politique ces derniers jours, c’est bien l’URD.

Et pour cause, depuis la tragique disparation de son Président et fondateur, feu Soumaila Cissé, le parti vert et blanc se cherche une nouvelle direction et cela la place à tout type d’hypothèses, surtout quand on sait qu’une future échéance électorale se profile probablement pour l’année prochaine.

Au cours de ces dernières semaines plusieurs grands noms ont circulé comme étant ceux qui seraient en lice pour prendre la tête du parti.  Les médias et les réseaux sociaux en ont fait leurs choux gras mais qu’en est-il réellement ? La succession de Soumaila Cissé semble-t-il autant compliqué comme on le sous-entend ? Mystère, mystère.

Créé en 2003 par une horde de dissidents de l’ADEMA, l’URD a su devenir en presque 20 ans d’existence, une des formations politiques majeures du pays. Ses résultats aux différentes élections depuis sa création ne vont que crescendo.

Il est donc normal que la direction de ce parti puisse susciter tout un engouement et cela pour bien de raisons.

D’abord l’URD est l’un des partis sinon le parti le mieux implanté au Mali avec a des sections dynamiques de Kayes a Kidal. A cela s’ajoute une forte représentation au niveau de la diaspora, comme en témoignent les résultats lors de la présidentielle en 2018.

Ensuite le parti compte en son sein de bons cadres, que ça soit les caciques comme Pr Salikou Sanogo, Ibrahima N’Diaye et N’Diaye Bah aussi bien que les jeunes comme Me Demba Traoré, Dr Madou Diallo, Abderrahmane Diarra et Moctar Sy, des profils connus et reconnus, expérience pour les uns et compétences pour les autres.

Enfin, l’URD est quasiment le seul parti qui dispose d’un vrai projet de société disponible et qui prend en compte les réalités et défis du moment.

A partir de là, quoi de plus normal qu’il puisse faire l’objet de convoitise.

Cependant le plus intéressant, c’est de voir comment les cadres et les militants réagissent face à cela.

Sur le plan de la communication, la stratégie a été dans un premier temps axée sur le silence, le fait de ne pas commenter les informations relatives à la succession. Cette stratégie, comme on peut bien l’imaginer, ne s’est pas montrée efficace. Au contraire cela a plus permis aux rumeurs de prendre davantage de place dans le débat.

Très rapidement la question de la prise en charge du parti d’un point de vue financier, a prédominé comme axe de lecture principal, focalisant ainsi les différentes analyses.

Au vu des noms qui sont avancés tels que Amadou dit Diadié Sangaré, Seydou Mamadou Coulibaly et Boubou Cissé, l’URD parait aux yeux de l’opinion publique de plus en plus comme étant un parti « à vendre » aux plus offrants, car reposant sur la seule richesse de son fondateur qui n’est plus.

Difficile de croire qu’un parti avec toutes les potentialités mentionnées plus haut, puisse se retrouver dans cette situation au point où son sort dépend de la poche d’un gros bonnet qui de surcroit n’est pas « membre » du parti.

Il convient donc pour les cadres de l’URD de remédier le plus rapidement à cela et de la manière suivante : communiquer sur la santé financière du parti avec des éléments factuels (ce qui sera une première au vu de l’opacité autour des finances des partis politiques).

Sur le plan politique, il s’agit de présenter le parti comme une véritable force politique, capable d’incarner une alternative crédible. Pour ce faire, il peut se baser sur ces acquis : les années passées dans l’opposition à militer pour une améliorer constante de la gouvernance.

L’URD peut ainsi se positionner comme une bouée de sauvetage autour de laquelle d’autres formations politiques pourront se retrouver dans un cadre inclusif, tout en évitant un mélange des genres comme cela a été le cas en 2018.

Hamadoun Niangadou

Spécialiste en communication Politique & fondateur de Stratégia

 

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