Reformes au Mali : Le Consensus autour du Comité d’Orientation Stratégique (COS)

Reformes au Mali : Le Consensus autour du Comité d’Orientation Stratégique (COS)

 

Face à l’instabilité politico-institutionnelle, le Gouvernement de Moctar Ouane est en quête de consensus pour engager des réformes majeures profitables à un climat politique stable et apaisé. C’est dans ce contexte, que le Premier ministre, accompagné de quelques membres de son gouvernement, a rencontré les forces vives de la nation au CICB, lundi dernier, pour la mise en place d’un Comité d’Orientation Stratégique sur les réformes politique et institutionnelles au Mali.
La fragilité du système politique et administratif du Mali plonge le pays depuis 2012 dans une crise multidimensionnelle. Face à cette architecture politico-institutionnelle instable, les plus hautes autorités du pays engagent des tentatives de réformes depuis plus de 20 ans.
« Nous pensons que les TDR, au stade où nous sommes, sont bons. Il y a des petits amendements et observations à faire. Surtout que la transition a une durée limitée. La majorité des participants estiment qu’il faut aller à l’essentiel des réformes. Tout ne peut pas se faire pendant cette transition. Et ce qui se dégage c’est d’aller rapidement vers la révision constitutionnelle, l’organisation des élections présidentielles, législatives et même général. C’est vrai qu’il y a de l’insécurité mais il faut faire avec on ne doit pas croiser les bras. Il faut à améliorer notre outil de défense et de sécurité pour permettre un maillage national. Selon la grande majorité des participants dans la salle si la transition réussit déjà à ce niveau, cela veut dire qu’elle a réussi le pari. Et le nouveau président qui va s’installer pourra aller en profondeur », a déclaré le porte-parole de la CMA, participant à la rencontre.
Quant aux partis politiques dont le rôle sera crucial dans le processus, ils estiment que la transition a perdu trop de temps dans les discours en ce qui concerne les réformes : « Notre parti félicite la tenue de ce cadre d’échanges qui nous permet de discuter de la mise en place du comité d’orientation stratégique. Nous avons insisté sur l’inclusion lors concertations dans toutes les réformes qui doivent se faire dans le cadre de la transition. Nous avons aussi fortement recommandé que toutes les réformes politiques et institutionnelles soient faites pendant la durée de la transition. Nous, nous pensons au niveau de l’URD que les réformes peuvent être faites dans le temps imparti. C’est une question de volonté politique. Nous avons déploré le temps perdu depuis le depuis de la transition. Malgré tout si la volonté politique y est nous pensons que les réformes peuvent être entreprises et menées à bout », souligne Pr Salikou Sanago.
« Le vide politique dans lequel on était est en train d’être comblé. L’accent a été mis sur la nécessité d’organiser des élections propres. C’est une initiative qui permet à l’ensemble des parties faitières, la classe politique et la société civile de se retrouver pour aider à guider la transition », a indiqué Abdoulaye Amadou Sy, Représentant de la COFOP
Selon Kaou Abdramane DIALLO, porte-parole du PACP, pour des reformes réussies, il faut l’implication de tous les acteurs de tous les secteurs de développement du pays : « Le COS va permettre d’abord de délimiter le périmètre des réformes et leurs chronogrammes avant le quitus du CNT. Il est important que nous puissions avoir une plus grande ‘’inclusivité’’ dans les décisions à prendre. »
« C’est ce qui a beaucoup manqué dans tout ce que nous faisions. Il faut que des gens réfléchissent sur ce problème là pour justement cadrer, définir et limiter les possibilités de la transition. Il reste au moins 11 mois pour la transition et dans ces conditions il faut être modeste dans le choix qu’on fait et il ne faut pas se tromper dans ses choix là. Il est impossible de faire toutes ses reformes pendant le laps de temps qui reste pour la transition », a précisé Younouss Hameye Dicko.
Pour Moctar Ouane, après cinq heures d’échanges, les résultats sont, on ne peut plus, satisfaisants : « Encore aujourd’hui nous avons montré que si les maliens se réunissent, ils font de bonnes choses. Après cinq heures de discussion nous sommes parvenus, sur une base largement consensuelle, à mettre en place un cadre d’échanges sur les réformes politiques et institutionnelles et dans les tous prochains jours nous formaliserons cela pour accélérer la cadence. Nous le ferons toujours sur la base du consensus. Le rôle des partis politiques dont le rôle est encore essentiel. Il faut que nous les maliens nous retrouvions autour de ce vaisseau amiral qu’est le Mali », a conclu le Premier Ministre.
Moctar Ouane a, au paravent souligné que cet organe consultatif d’échanges permanent entre le gouvernement, la classe politique et les forces vives de la nation : « ce cadre constitue la structure idoine pour réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables. Il s’agit d’aider à matérialiser le changement nécessaire à l’émergence du Mali qui doit se hisser au-delà d’un slogan utiliser pour servir de paravent à l’inertie. Le Comité n’est ni un panaché, ni une baquette magique, il sera ce que notre engagement patriotique, notre loyauté au Mali et notre volonté e bâtir une nation en feront », a-t-il énoncé.
Le comité d’orientation stratégique (COS) sera composé des partis politiques, des mouvements signataires de l’accord pour la paix et la société civile autour de quatre groupes thématiques. Il aura pour vocation de fédérer, dans une approche pluridimensionnelle et incisive, les énergies dans la conduite des réformes. Le COS réfléchira notamment sur le parachèvement du processus de réorganisation territoriale, la réforme du système électoral, l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle constitution et enfin la poursuite du chantier de la régionalisation.
Les reformes au Mali s’inscrivent en droite ligne du quatrième axe de la feuille de route du Gouvernement de la Transition. Et après les tentatives de réformes de 1999, 2011 et celles de 2017 ; le processus engagé depuis le début de l’année suscité beaucoup d’espoir.

Andiè A. DARA

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