Verdict du procès de l’Affaire d’Amadou Haya Sanogo : Le SAM et le SYLIMA veulent assigner en justice les pourfendeurs

Verdict du procès de l’Affaire d’Amadou Haya Sanogo : Le SAM et le SYLIMA veulent assigner en justice les pourfendeurs

 

Le verdict du procès de l’Affaire de l’assassinant des 21 militaires bérets rouges dans laquelle le capitaine Amadou Haya Sanogo et coaccusés a fait couler beaucoup d’encre. A travers une loi d’entente nationale adoptée en 2019, les juges de la Cour d’assises ont jugé nécessaire de mettre fin à la procédure. Désormais Amadou Haya Sanogo et ses coaccusés sont libres et les familles ont été récompensées par les biens matériels et financiers. Depuis, les commentaires de certains font réagir les syndicats des magistrats qui s’indignent contre l’atteinte à l’institution judiciaire.
Dans un communiqué en date du 17 mars 2021, le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA) font savoir qu’ils ont suivi avec consternation, depuis le verdict de la Cour d’assises de Bamako dans l’affaire dite ‘’Amadou Haya Sanogo’’, « certaines réactions vivement haineuses, offensantes et gratuites à l’encontre de l’institution judiciaire ».
Ainsi, les syndicats de magistrats rappellent que la forme, républicaine et démocratique, de notre État confère au pouvoir judiciaire l’application des lois de la République votées par le pouvoir législatif et que le pouvoir exécutif met en œuvre les décisions prises par les deux premiers. Ils indiquent en outre que l’amnistie découle toujours, au Mali d’une loi votée par l’Assemblée nationale qui, elle, est une institution animée par des députés qui sont les représentants du peuple et « non par des juges ».
A cet égard, les syndicats de magistrats énoncent en plus de la Loi d’entente nationale incriminée, la loi n°01-080 du 20 août 2001 portant Code de Procédure pénale au Mali, en son article 8, qui impose aux magistrats de constater l’extinction de l’action publique lorsqu’il y a certains évènements, au rang desquels l’amnistie. Face à cela, ils expriment leur incompréhension qu’il soit fait un procès à la Cour d’assises pour avoir tout simplement appliquée une loi de la République qui n’a d’ailleurs suscité la moindre réaction, de la part des protestataires actuels, à la suite de son adoption. « Tout en condamnant fermement ces attaques injustifiées, les syndicats de magistrats, parce qu’ils avaient déjà mis en garde contre toutes formes d’agressions gratuites, se réservent le droit de se pourvoir devant les juridictions répressives pour demander justice contre les pourfendeurs de l’institution judiciaire qui qu’ils soient », déclarent-t-ils.
De surcroît, ils rassurent le peuple de leur attachement à la légalité et invitent leurs preux militants à la vigilance et à la sérénité et leur promettent que l’honneur et la dignité de l’institution judiciaire ne seront jamais foulés au pied au nom d’une quelconque liberté d’expression.

SKK

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