Délestage : Les réactions des citoyens après les aveux du ministre

Délestage : Les réactions des citoyens après les aveux du ministre

 

Le scénario actuel du Mali marqué par les coupures intempestives d’électricité a réussi à convaincre que le Mali est un pays pauvre. La problématique du délestage dans le pays depuis des années constitue un véritable défi pour les plus hautes autorités du Mali. La mal-gouvernance, la mauvaise gestion et les malversations financières sont les causes, selon une partie des maliens, de l’incapacité de l’État à faire face aux charges d’électricité. Aujourd’hui, les maliens expriment leur ras-le-bol sur l’Énergie du Mali (EDM-sa) pour ses coupures de l’électricité à tout moment.

Le délestage est devenu monnaie courante dans la ville de Bamako et cela à toutes les périodes de l’année. Mais, elle devient insupportable et continuelle dans les périodes de chaleur notamment durant les mois de mars, avril et mai. Chaque année depuis des décennies, les autorités dans les gouvernements différents n’ont pas pu trouver une solution définitive à ce problème d’électricité. Chacun essaie d’expliquer sans pouvoir convaincre. Pour cette année les choses vont de mal en pis. Face à l’ampleur de la situation et surtout vu les critiques sur les réseaux sociaux, le ministre des Mines, de l’énergie et l’eau, Seydou Lamine Koné a tenu, le jeudi 15 avril 2021, une conférence de presse pour faire le point sur la situation de délestage à Bamako et ailleurs. Mais, ce dernier, il faut le reconnaître, a affirmé l’incapacité de l’État pour soulager les maliens.

« Je suis très déçu d’avoir écouté le ministre. Il n’a fait que répéter ce que ses prédécesseurs nous ont raconté. C’est à travers l’EDM qu’on comprend aisément que nous avons du chemin à faire pour développer notre pays. Les autorités doivent réfléchir mille fois pour que le Mali puisse être indépendant en termes d’électricité et d’eau », regrette Abdoulaye Barry, un habitant de Niamakoro.

Le jeune Hamidou Karambé, habitant de Niaréla déclare ceci : « Ce qui m’étonne, c’est que dans notre pays on paie cher le courant comparativement à certains pays de la sous-région. De plus, nos autorités nous font savoir que l’électricité est subventionnée c’est-à-dire l’État paie une part pour que les populations aient le courant à ce prix. Je ne sais pas où les problèmes sont situés pour empêcher EDM de fournir le Mali en électricité. En tout cas, je dirais la mal gouvernance est l’une des causes de la faillite de la société. Ses cadres sont riches dans le fossé la société ».

Pour Mme Traoré Aissata Diarra, l’État doit envisager et focaliser ses recherches sur l’énergie solaire. « Vous savez qu’avec le soleil ardent que nous avons dans notre pays, les autorités doivent déployer les recherches pour que nous puissions en exploiter. Sinon ils vont continuer à injecter les milliards de FCFA aux carburants sans pouvoir satisfaire les populations », ajoute-t-elle.

« Vous savez que l’EDM est une société dans laquelle la France a sa part et elle ne veut jamais qu’on soit indépendant en termes de l’électricité sinon cela fera des manques à son économie. En réalité, nous devons savoir que nous ne sommes pas indépendants, l’ancien colon essaie toujours nous bloquer quelques parts pour ses intérêts », estime Mohamed Sylla.

Par ailleurs, le ministre Traoré évoque des impayés de certains clients de l’EDM qui s’évaluent à une centaine des milliards de FCFA. En outre, il fera savoir que pour que le Mali ne connaisse plus les coupures de l’électricité il faut une bagatelle de 2300 milliards de FCFA et d’affirmer que depuis son arrivée à la tête du département, il est entrain de mobiliser de l’argent avec les partenaires pour donner l’électricité aux maliens. Mais, le ministre devrait aussi expliquer que les financements qu’il trouve sont les dettes dont les populations feront dans les années à avenir.

Seydou K. KONE

 

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