Energie : nul n’a le monopole du soleil

Energie : nul n’a le monopole du soleil

 

A l’heure où la douce obscurité nous embaume, faute d’être pourvu d’électricité, le conte prend sa place dans nos vies et nos rituels de rupture du jeûne. Cet édito veut relater l’histoire de Prométhé, le Titan de la mythologie grecque, qui vola le feu pour le donner aux hommes.

Une mise en situation nous fera résumer l’histoire pour dire que le dieu des dieux, Zeus du sommet de l’Olympe, porta son dévolu sur Épiméthée, à la création du monde, pour distribuer les qualités et les dons physiques parmi les êtres vivants. Epiméthée oublia de pourvoir convenablement l’homme, resté nu et sans défense. Prométhée, pour réparer l’erreur de son frère, alla voler les secrets du feu pour les donner aux hommes.

Admis comme métaphore de l’apport de la connaissance aux hommes, Prométhé nous apprend, au-delà de tout, que rien n’est acquis. Il faut oser se surpasser pour avoir la connaissance à même de garantir un minimum de confort dans ce monde.

Au Mali, le confort passe, aujourd’hui, par l’accès à l’électricité et le gouvernement, par la voix de son ministre en charge de l’énergie, s’est perdu en conjecture pour dire que jamais, au grand jamais, notre peuple n’aura droit à une sécurité énergétique garantie pour tous.

Se pose alors la question du monopole du seul service habilité à nous fournir l’électricité et qui n’y parvient pas. Au-delà, c’est l’entêtement presque général de faire confiance à un système qui ne marche pas. L’électricité a été un don de la science. Aujourd’hui, grâce à la science, l’électricité devrait être un don de Dieu pour un pays comme le Mali, dont le potentiel en énergie renouvelable est considérable. Qui va donc oser aller voler cette énergie aux dieux pour la rendre à l’homme malien ?

Notre Prométhé espéré, doit savoir qu’en juillet 2010, le Mali a été choisi comme l’un des six pays pilotes éligibles pour un financement permettant de formuler et mettre en œuvre un plan d’investissement pour le développement à grande échelle des énergies renouvelables. Le projet SREP (Scaling up Renewable Energy Program in Low Income Countries) a conclu que l’irradiation moyenne au Mali, convenablement répartie sur le territoire national, est de 5-7 kWh/m2/J avec une durée d’ensoleillement quotidien de 7 à 10 heures. Dans le monde, l’irradiation moyenne est estimée à 4-5 kWh/m2/J. Il faut aussi noter que depuis 2006, la Stratégie Nationale pour le Développement des Energies Renouvelables avait pour objectif de promouvoir une large utilisation des technologies et équipements d’énergies renouvelables pour accroître la part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité à hauteur de 10 % en 2015.

Avant qu’on ne projette le peuple dans une dépense de 2300 milliards pour le secteur de l’électricité au Mali, il serait bon qu’un Prométhé d’inspiration divine (peut-être pas) nous fasse économie du bilan de ces études datant de près de 2 décennies sur l’utilisation d’autres sources d’énergies au Mali. Il n’y a pas de miracle, il y’a de la vision et de la volonté pour tenter ce qui ne l’a pas été pour obtenir ce qui n’a jamais été obtenu. Ce conte s’arrête là où la lumière du jour s’installe.

Y. KEBE

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