Présidentielle 2022, le compte à rebours est lancé

Présidentielle 2022, le compte à rebours est lancé

 

A l’issue du dernier conseil des ministres, le chronogramme des élections locales, législatives et présidentielles a été dévoilé. Ainsi, le premier tour du scrutin présidentiel,  couplé aux législatives, est annoncé pour le 27 février 2022, tandis que les seconds tours sont programmés pour les 13 et 20 mars 2022. Les élections locales, communales et régionales sont fixées au 26 décembre 2021.

Le référendum, prévu dans le cadre de la révision constitutionnelle, est annoncé le 31 octobre 2021.

La notification de ces dates lance officiellement le compte à rebours pour les échéances à venir. Toutefois, elle soulève bien d’interrogations, notamment au sein de la classe politique.

Pour certains acteurs de la nation, le chronogramme annoncé manque de réalisme et augure des scrutins bâclés. Ces derniers mettent en avant le caractère fondamental des réformes institutionnelles et constitutionnelles qui, de prime à bord, devraient être la priorité et le gage d’élections transparentes. Les plus pessimistes de cette catégorie d’acteurs voient en ce chronogramme une tentative inavouée pour le régime en place pour positionner ses hommes et, par ricochet, son président.

Pour d’aucuns, le chronogramme annoncé reste une projection et la matérialisation de la volonté du gouvernement de respecter le délai imparti pour le processus de transition. Du côté du gouvernement, pour justifier ce calendrier, sont évoquées les récentes initiatives prises par le Premier ministre en termes d’ouverture politique et d’instauration d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des composantes de la nation.

Au-delà des réticences des uns et de la position tranchée des autres, il convient de signaler deux faits marquants, susceptibles de justifier la diffusion de ce chronogramme. Le premier est relatif à la pression de la classe politique qui reprochait, à tort ou à raison, au gouvernement de ne donner aucune visibilité sur son action et ses ambitions. Le silence sur le chronogramme des élections avait même été perçu au sein de l’opinion comme une ruse pour les autorités de la transition de se maintenir aux affaires. Le deuxième est consécutif à la pression de la communauté internationale, allergique à toute idée de rallongement de la durée de la transition.

Au regard de la situation conjoncturelle du pays, force est de reconnaître que le chronogramme annoncé est un bon début et témoigne de la volonté des autorités de la transition de respecter le délai imparti à la transition. Il revient au gouvernement de recentrer ses efforts sur le processus enclenché et de convaincre toutes les parties prenantes sur le bien-fondé de son action. Dans la nouvelle phase qui s’annonce, le dialogue et la communication sont des outils indispensables auxquels il faudrait faire recours, en sortant de la sensation et du folklore béa. En mettant l’opinion au cœur de chacune de ses initiatives, dans une approche pédagogique et proactive, le gouvernement se garantira un minimum de crédit, gage de transparence pour l’ensemble du processus des élections.

Aussi, il est du rôle de la classe politique de s’approprier le processus en adoptant une posture constructive et travaillant à donner un contenu inclusif aux initiatives gouvernementales. Les actions de nature à saboter ou rejeter la dynamique en cours conduiront indubitablement le gouvernement dans une démarche solitaire qui poseront les jalons d’une énième crise institutionnelle.

En fondant un espoir réel sur le bon sens de tous et une véritable synergie nationale en vue de transformer la dynamique électorale en une véritable fête démocratique, dans laquelle seules les idées se confronteront, il faut noter que le compte à rebours est lancé, avec une promesse franche en empoignades politiques, révélations tout azimut et compromis abracadabrantes.

Le ton de cette promesse électorale, pleine de rebondissements, a été donné par le Général Yamoussa Camara avec un réquisitoire contre Soumeylou Boubeye Maiga, ancien premier ministre et candidat sérieux à la course présidentielle. Les adversaires de l’homme, surtout ceux tapis dans l’ombre, ont surfé sur la vague pour tremper le couteau dans la plaie à coup de renfort promotionnel et médiatique autour du livre. La réaction du tigre, les révélations et attaques futures contre d’autres candidats probables et le retour de la manivelle y afférent…sont autant de matières qui meubleront le décor électoral sur les prochains mois.

 

F.MAIGA

 

 

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