Déchets liquides : Le défi du traitement responsable

 Déchets liquides : Le défi du traitement responsable

 

Le traitement responsable des déchets liquides demeure un véritable défi des défenseurs de l’environnement. Chaque jour, des dizaines de camions déversent des boues de vidange dans la forêt classée de Tienfala, à 34 km de la capitale sous le regard impuissant des autorités locales et de la Direction Régionale des services des eaux et forêts de Koulikoro.   

Provenant des fosses septiques et des latrines, les déchets liquides sont souvent laissés à l’air libre et constituent un danger flagrant à la santé des Maliens. Après les plaintes des habitants dans les quartiers de Bamako, les camions remplis de boues de vidange prennent d’assaut la forêt classée de Tienfala chaque jour depuis au moins trois ans malgré l’alerte lancée par les communautés locales.

« On n’a pas eu besoin d’autorisation pour venir déverser les déchets ici. C’est une façon de gagner le pain quotidien. Mais si un endroit commence à être peuplé nous changeons de déversoir. Avant c’est à Marseille (ndlr : quartier périphérique de Bamako) que nous partions verser mais avec la démographie de la population dans le quartier nous sommes aujourd’hui ici », explique ce chauffeur dans la forêt classée de Tienfala sur la route de Koulikoro.

Pour Boubacar Coulibaly, Cultivateur, la situation les empêche d’avoir une vie paisible : « Nous ne sommes plus à l’aise dans nos propres concessions. L’odeur des déchets rend l’air lourd à respirer. J’ai plusieurs fois dénoncé cette situation. J’ai averti les Eaux et Forêts et les agents de la Mairie. Cela fait trois à quatre ans que cette situation dure. Avant, c’était dans les champs maintenant c’est dans la forêt », dénonce-t-il

Les autorités communales indiquent qu’il est de la responsabilité des services des Eaux et Forêts, de protéger le patrimoine. Alors que la Direction Régionale des Services des Eaux et Forêts de Koulikoro souligne que des interpellations ont eu lieu pour dissuader les auteurs. Toutefois, le Directeur indique que les moyens doivent être mis à la disposition pour lutter contre le phénomène : « Le plus souvent ils viennent déverser la nuit entre 2 heures, 3 heures et 4 heures du matin. Et le travail des agents est assez fastidieux. Il leur suffit d’un laps de temps pour commettre leur forfait. S’il faut que les agents se déplacent à 2 heures ou 3 heures du matin à moto, ils n’ont pas de véhicules. Et avec tout ce banditisme, ce n’est pas facile », souligne Dramane Barro.

Andiè A. DARA

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