EDM-SA : Un déficit supérieur au budget de la défense

EDM-SA : Un déficit supérieur au budget de la défense

 

Dans une dynamique de communication pour redorer son image, EDM S.A a invité la presse malienne à une journée portes ouvertes. L’objectif était de faire comprendre aux hommes de médias la situation exacte de la société et faire découvrir les conditions réelles de travail des hommes et des femmes de la structure. La société, qui ne parvient toujours pas à se maintenir à flot financièrement, se trouve dans un état de quasi agonie à cause d’un déficit chronique de production. Alors que les besoins en électricité dans le pays augmentent de 12% par an depuis 2016, le taux d’accès à l’électricité dans le pays était de 38%.

Aujourd’hui, EDM-SA traine un déficit financier supérieur au budget de la Défense du Mali. Elle perd de l’argent à chaque KWh produit, plongeant ainsi les maliens dans le calvaire des coupures intempestives chaque année en cette période de chaleur. Ce cercle infernal dans lequel se trouve Energie du Mali depuis des années continue de se renforcer. En 2019, elle vendait son électricité à 92 FCFA le KWh contre un cout de revient de 130 FCFA. Ce tarif encadré ne couvre pas ses couts de production. A cela, s’ajoute les nombreux impayés soutenus par les 22,5% de l’énergie produite par EDM (2015) qui n’ont pas été facturé, regrette la Commission de Régulation de l’Energie et de l’Eau (CREE). Ainsi, EDM survie grâce à la subvention de l’Etat qui se trouve être un mauvais payeur.

Entre les infrastructures vétustes, la mauvaise gouvernance et l’insuffisance de planification, le secteur de l’énergie au Mali détruit la compétitivité industrielle. Tous les acteurs du secteur se plaignent. Pour l’Association des Victimes des délestages sauvages de EDM-SA, l’électricité n’est pas un simple produit de consommation, mais un vecteur de développement du pays : « L’électricité est un droit pour chaque malien. », déclare, Abdoulaye Magané, porte-parole du Collectif. L’ardoise de règlement aux trois principaux fournisseurs de solutions d’urgence en 2018 notamment le britannique Aggreko, le turc Aska et l’émirati Smart Energy Solution (SES) représentait plus de 20 milliards de FCFA contre 22 milliards facturés par la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), un autre fournisseur phare d’électricité au Mali. La société a enregistré une perte de près de 100 millions d’euros en 2018 alors que le chiffre d’affaire était de 277 millions d’euros. Selon le FMI, l’endettement de l’EDM-SA atteignait à la fin de juin 2019, les 319 milliards de FCFA soit 3,1% du PIB malien.

Il est clair que, EDM-SA, aujourd’hui, est à la croisée des chemins et est confronté à des crises multiformes tant sur le plan technique que financier. Devant ce tableau sombre, les responsabilités sont partagées et il est indispensable d’agir pour, à la fois favoriser le rééquilibrage de ses comptes, la croissance de sa capacité de production et améliorer l’état du réseau.

EDM-SA n’est pas alors la seule coupable. Il y a des décisions qui ont été mal prises depuis des années. Elle reste marquée par sa très forte dépendance au pouvoir politique qui demeure la puissance publique. En l’absence de chaînes de décision claire, les chantiers lancés, il y a quelques années, comme la modernisation du secteur et la révision de la politique énergétique stagnent. Bailleurs de fonds et acteurs privés restent suspendus à des arbitrages qui tardent.

Andiè A. DARA.

 

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