Hôpital Gabriel Touré : Le personnel dit NON au Lieutenant-Colonel

Hôpital Gabriel Touré : Le personnel dit NON au Lieutenant-Colonel

 

Le personnel de l’hôpital Gabriel Touré a exprimé sa désapprobation de la nomination du nouveau Directeur Général, lieutenant-colonel Moussa Sidibé, qui remplace à ce poste Dr Abdoulaye Sanogo, qui l’a occupé pendant un peu moins de deux ans. Cette sortie du personnel du CHU Gabriel Touré, alerte une fois de plus, sur les conséquences de l’occupation de l’administration par des militaires.

Depuis le renversement du régime IBK, les Conseils des Ministres à Koulouba se suivent et se ressemblent. Des nominations de militaires aux postes stratégiques dans les administrations publiques. La dernière en date, concerne le ministère de la Santé et du Développement Social.

Pour l’une des rares fois, le personnel décide de battre le pavé pour défendre un directeur de l’hôpital : « Hier (ndlr : Mercredi 05 mai 2021) à notre grande surprise nous avons appris que notre Directeur Sanogo a été remplacé par un militaire. Jusqu’à aujourd’hui nous ne savons pas pourquoi. Au Mali, nous disons que nous avons besoin de travailleurs compétents pour faire bouger les choses. Le Directeur Sanogo en est un. Avant sa nomination à la tête de l’Hôpital Gabriel Touré, nos ristournes restaient bloquées souvent pendant au moins 5 mois. Il fallait faire des grèves pour avoir droit aux ristournes. Actuellement, tous les trois mois nous percevons nos ristournes. En plus avec sa nouvelle stratégie de développement de la structure, l’assainissement au niveau de Gabriel Touré devient une réalité. Il a pu doter les services de l’hôpital des équipements adéquats. Il a régularisé la situation de 80 agents. On ne change pas une équipe qui gagne », s’indigne Moctar Wagué, Agent à Gabriel Touré.

Selon Souleymane Samaké, les efforts du Dr Sanogo ont permis une certaine stabilité financière de la structure : « Avant son arrivée, l’hôpital s’endettait pour pouvoir payer le personnel. Que les militaires pensent à toutes les souffrances des agents de santé de l’hôpital Gabriel Touré ».

Pendant toute la durée de la manifestation, la pharmacie ainsi que les services des urgences sont restés fermés : « On vient de finir 10 jours de grèves. Pendant cette période, les services des urgences fonctionnaient. Mais aujourd’hui, c’est fermé. Cette fois-ci, c’est un sit-in, nous serons là chaque jour jusqu’à 11 heures. Les malades déjà admis sont pris en charge mais nous n’acceptons pas les nouveaux jusqu’à la fin du sit-in tous les jours. Si la volonté des militaires est d’apporter un changement, ils devraient plutôt chercher à renforcer le dispositif mis en place par l’équipe du Directeur Sanogo pour consolider les acquis en moins de deux ans. Pourquoi un militaire ? Est-ce qu’ils n’ont pas d’autres missions que diriger un hôpital, pourquoi ne pas aller soigner les militaires au nord, pourquoi ne pas aller servir dans les garnisons », s’interroge Abdoulaye Coulibaly des Service des Urgences.

Quant à l’infirmier Makan Cissé, les conséquences de cette situation sont considérables : « S’ils veulent vraiment que nous travaillions dans cet hôpital pour le bonheur des patients et de leurs parents, nous exigeons que le Directeur Sanogo reste à sa place car ses projets pour l’hôpital conviennent à nos aspirations. Le nouveau directeur s’il insiste à s’installer, nous ne sommes pas disposés à faire du bon travail ».

 « Nous avons quitté Kangaba pour venir faire soigner nos deux enfants, aujourd’hui grâce aux médecins, ils sont en vie. Nous prions les plus hautes autorités de laisser le personnel travailler », souhaite Kalilou Koné, parent d’un patient.

Andiè A. DARA.

 

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