Remaniement : Faire un Gouvernement axé sur les résultats

Remaniement : Faire un Gouvernement axé sur les résultats

 

La formation d’un nouveau gouvernement est sans doute le seul moment où le Premier ministre n’est envié de personne. Moctar « ONE » (Ouane) est bien seul face à une pression venant de toute part. Le M5-RFP, déjà, l’ancienne majorité présidentielle sous IBK ensuite, mais surtout les membres actuels du Gouvernement qui, pour beaucoup, font mains et pieds, pour rester dans l’attelage. Seulement, il nous a été promis que le remaniement, s’il devait se faire, serait sur la base de la gestion axée sur les résultats (GAR).

A l’heure où les pires méthodes de propagande se font voir sur internet pour garder son poste, où des voyages vers des marabouts hors de Bamako s’entreprennent, le Premier ministre, Moctar Ouane, a la lourde tâche de sélectionner au moins 25 (sinon beaucoup plus) personnalités pour gérer la suite d’une transition encore collée au starting-block. Elle a tenté de décoller avec la présentation, devant le Conseil National de Transition, du Plan d’Actions du Gouvernement de Transition, le 20 février dernier. Le plan d’actions présenté avait un marqueur innovant et qui donnait à croire que la performance serait au rendez-vous des ministres commis par le peuple : l’évaluation, chaque semestre, des actions des départements ministériels en vue « d’analyser les progrès, d’identifier les contraintes et de procéder, au besoin, à des ajustements nécessaires ».

Après un premier atelier (en avril 2021) dont il est difficile de tirer une quelconque conclusion, tant le gouvernement a réussi la supercherie de plus communiquer sur l’ouverture des travaux d’évaluation plutôt que sur les résultats, faut-il s’attendre à ce que ces résultats fantômes aient leur pesant d’or lors de la reconduction ou de l’éviction de certains ministres ?

La prochaine équipe pourrait-elle être le premier Gouvernement axé sur les résultats ? Le Premier ministre saura naviguer entre les œufs posés sur sa route et les camouflages historiques des carences politiques par de la communication à outrance. Le Président Bah N’Daw saura naviguer entre les pressions de ses poulains du CNSP et de l’armée en général et celles de la classe politico-religieuse, qui veut se tirer la couverture du plus grand nombre de ministres.

En entendant, la crise à Gaza fait rage, nous allons orienter le regard de nos plumes et de nos caméras vers cette partie du monde, pour permettre des tractations loin de l’indiscrétion de la presse malienne.

Bonne chance à la nouvelle équipe.

Yacouba KEBE

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