Transition : Qui prépare le départ du premier ministre

Transition : Qui prépare le départ du premier ministre

 

A la porte de la primature, les rêves et « ambitions » n’ont jamais cessés au sein de la classe politique. On se souvient récemment, des curriculums vitae envoyés pour occuper le poste de premier ministre. La rencontre du jeudi 6 Mai dernier à Koulouba, entre le chef de l’Etat et le comité exécutif du M5 RFP, réaffirme les ambitions que cette organisation maintient sur la primature.

Le mouvement du 5 juin n’avait d’ailleurs jamais caché sa doléance allant dans ce sens, pour poser les jalons de la refondation conformément à sa vision du Mali Koura qu’elle se convainc de vouloir et pouvoir bâtir. On ne semble pas baisser les gardes pour mener cette politique, notamment en ayant en main la primature. La rencontre avec le chef de l’Etat, Ba N’daw, a été une opportunité pour Choguel K Maiga, président du comité exécutif du M5 RFP, de décliner en dix axes la stratégie du regroupement pour créer les conditions d’une « refondation » du Mali.

L’un des points marquants de cette stratégie la dissolution du gouvernement de Moctar Ouane. Cette demande intervient au moment où les supputations sur le départ de Moctar Ouane de la primature vont bon train. Elle intervient également, quelques mois après que le chef de l’Etat Ba Ndaw ait décliné une demande d’audience du M5 RFP à la demande du mouvement. Quatre mois passés, le chef de l’Etat adresse une invitation au M5 RFP pour parler du Mali avec ce mouvement.

Quelles options sur la table ? Avant tout, une ouverture du gouvernement au M5 RFP ou même une très grande ouverture qui pourra aller jusqu’à concéder la primature au mouvement, serait une option pour les autorités de transition, singulièrement Ba Ndaw qui a pris en compte avec « beaucoup de plaisir et de sérieux tout ce qui a été dit » a-t-il répondu à ses invités.

Le M5 RFP, en demandant publiquement la dissolution du gouvernement, faciliterait peut-être la transition à la primature. Mais avec des risques et conséquences. Car, s’il faut changer un premier ministre, pourtant actif sur le terrain de la gouvernance du pays à neuf mois de la fin de la transition, serait une erreur politique empreinte de prétention et une démarche à l’issue incertaine. S’il faut surtout croire, qu’entre le M5 RFP et les militaires qui ont parachevé sa lutte, la confiance n’est plus de mise, on s’étonnerait d’une collaboration pacifique, stable et productrice de résultats à court termes, entre une force civile et une force militaire complétement opposées de vues et de visions sur la transition et sur l’avenir.

Ousmane Tangara

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